Les 10 meilleures manières de ne jamais finir un manuscrit

femme ecrit

Numéro 10 : S’arrêter après le premier paragraphe pour faire une liste de tous les éditeurs chez qui on envisage de faire publier son roman. Passer une heure sur Google Images pour comparer la joliesse de leurs couvertures.

Numéro 9 : Se rendre compte qu’on n’a aucune idée de ce qui doit se passer pour emmener les personnages du premier chapitre à l’épilogue. Se résoudre à faire un plan. Mais d’abord, se résoudre à apprendre à faire un plan. Lire un livre passionnant sur la structure romanesque. En lire un deuxième, puis un troisième, et tant qu’à faire un pavé sur l’écriture de scénarios de films. Puis faire des fiches résumant la quintessence de chaque livre. Enfin, commencer à rédiger le plan détaillé du roman, avec chaque arc dramatique ayant sa propre couleur. S’arrêter en plein milieu parce qu’on a eu une super idée de dialogue. Écrire le dialogue. Ne plus jamais utiliser le plan inachevé.

Numéro 8 : Se demander si avoir une représentation concrète de ses personnages, comme un dessin ou une figurine, pourrait nous aider à écrire. Tenter de dessiner le protagoniste. Se rappeler qu’au collège, la prof d’arts plastiques nous détestait. Comprendre pourquoi. Brûler le dessin. Essayer d’apprendre la modélisation 3D. Avoir mal à la tête. Regarder les prix des imprimantes 3D et abandonner.

Numéro 7 : Dire à qui veut l’entendre qu’on va passer tout le dimanche à écrire, et de ne nous déranger sous aucun prétexte. Se lever à 7h un dimanche, chose qui n’était pas arrivée depuis 1872 au bas mot. Faire un café. Allumer l’ordi. Vérifier ses mails vite fait. Lire un article sur son blog préféré vite fait. Cliquer sur un lien. Regarder une vidéo. Cliquer sur deux autres liens. Avoir finalement vingt-cinq onglets ouverts, et se sentir obligée de tous les consulter avant de se mettre au travail. Tout lire compulsivement. Réaliser qu’il est maintenant 22h30.

Numéro 6 : Regarder Tellement Vrai et Confessions Intimes en prétextant faire de la recherche sociologique. Comme Zola.

Numéro 5 : Relire une nouvelle écrite quinze ans plus tôt. Être prise d’un affreux doute. Lire le chapitre qu’on a commencé la veille. Se rendre compte qu’on écrivait mieux il y a quinze ans. Au collège. Quand on pensait que Bernard Werber représentait le pinacle de la littérature française. Se servir un rhum.

Numéro 4 : Essayer d’écrire alors qu’il y a un épisode de Game of Thrones qu’on n’a pas encore vu. Se faire la réflexion que notre héros ressemble vachement à Jon Snow (il ne sait rien, lui non plus). Donc en fait ça compte comme de la recherche, pas vrai ? PAS VRAI ???

Numéro 3 : Ne pas écrire un mot pendant deux mois. Ressentir un vilain frisson de culpabilité lorsque quelqu’un vous demande où vous en êtes, frisson qui augmente à chaque fois pour finir par causer de violents spasmes et/ou vomissements spontanés à la moindre vision d’un fichier Word.

Numéro 2 : Écrire le premier chapitre. Réécrire le premier chapitre. Ré-réécrire le premier chapitre. ré-ré-réécrire le premier chapitre. Ré-ré-ré-ré-ré-ré-ré…

Et en numéro 1 :

Ouvrir un blog.

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